"si j'aurais su ..."

Publié le par MummyBlues

Ah, souvent, bien trop souvent ces temps-ci , j’ai envie de dire en écho avec le petit garçon de la guerre des boutons « Si j’aurais su, je saurais pas venu ».

Oui, si l’on m’avait dit dès le début que ma vie serait cet enchaînement d’épreuves, de déconvenues, d’espoirs déçus… j’aurais dit tout de suite au grand Manitou, La haut « non merci , on arrête tout de suite. Pas la peine de m’envoyer sur terre pour endurer cela. Je reste bien au chaud dans les limbes, je continue d’errer au dessus des nuages. Les nuages, je préfère les voir d’en haut, plutôt que de devoir subir les flots continus de ce gros nuage noir au-dessus de ma tête, qui en bas sur terre ne me ratera pas ».

Oui, mais cela ne marche pas comme cela. On ne nous donne pas le choix. Quoi que…

Une légende dit qu’avant d’arriver au monde, on nous présente le déroulé de ce que sera notre vie, avec ses peines et ses joies, les petits plaisirs et les grands malheurs  et que l’on nous demande ensuite si l’on est prêt à l’accepter. Si l’on dit oui, alors on doit tout prendre en bloc. Je n’arrive pourtant pas à croire que j’aurais eu la bêtise de signer.

On dit aussi que Lui, là haut, ne nous envoie jamais que des épreuves que l’on est capable de supporter. Il doit donc me tenir en haute estime pour m’en envoyer tant…

De toutes les épreuves qu’il a pu m’envoyer, je crois que la pire est celle que je vis actuellement : la stérilité. Et ceux qui me connaissent et savent ce que j’ai pu vivre avant, mesurent ce que j’endure.

Stérilité. Ce mot seul à prononcer ou à écrire est une souffrance, presque une injure. Penser que rien ne peut naître de moi, que pareil à un sol aride, mon ventre boit de l’intérieur ma force vitale. Dans mon ventre seules les tumeurs ont pu trouver une terre accueillante.

Tous les mois, depuis des années, je rêve qu’un petit être s’accroche et se développe en moi. La promesse d’une vie future, d’un enfant à chérir, à nourrir de mon sein, à protéger. Las, de Fiv en Fiv, tous nos petits embryons ont choisi de nous quitter, les uns après les autres. Ils n’ont pas pu ou pas voulu tenter l’aventure avec nous. Je devrais sans doute tout arrêter, ne plus lutter contre la fatalité et cesser tous ces traitements qui m’usent le corps et l’esprit... mais c’est impossible. Je ne peux accepter de vivre dans un monde dans lequel je ne pourrais être mère.

 

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